une personne en surpoids qui ouvre son réfrigirateur pour manger

Pourquoi je pense toujours à la nourriture ?

Pendant longtemps, Anna ne comprenait pas ce qui lui arrivait. À 45 ans, elle n’avait pourtant pas l’impression de manger énormément. Le problème était ailleurs, elle pensait à la nourriture… Tout le temps. Au réveil, elle réfléchissait déjà à ce qu’elle allait manger le midi. Vers 10 heures, elle regardait discrètement dans son tiroir de bureau pour voir s’il restait quelques biscuits. À midi, elle mangeait. À peine le repas terminé, elle se demandait déjà ce qu’elle allait préparer le soir. Puis, en rentrant à la maison, elle ouvrait le réfrigérateur presque machinalement. Pas forcément parce qu’elle avait faim, mais parce que son cerveau pensait constamment à la nourriture. Le pire ? Elle croyait manquer de volonté. En réalité, ce n’était probablement pas le vrai problème.


Si vous aussi vous avez l’impression de penser à manger du matin au soir, rassurez-vous. Vous êtes loin d’être seul. Et surtout, il existe souvent des explications très simples.


Penser à la nourriture n’est pas forcément avoir faim

C’est probablement la première chose à comprendre.

Beaucoup de personnes confondent :

  • avoir faim ;
  • avoir envie de manger ;
  • penser à la nourriture.

Ce sont trois choses complètement différentes. On peut très bien avoir terminé un repas copieux et déjà commencer à penser au dessert. Ou ouvrir le réfrigérateur toutes les dix minutes sans réellement avoir faim.
Notre cerveau adore anticiper les récompenses. Et la nourriture en fait partie.


Pourquoi votre cerveau pense-t-il autant à la nourriture ?

Il existe plusieurs raisons.

Souvent, elles s’additionnent.

Vous mangez peut-être trop peu

Quand on veut perdre du poids, on fait souvent la même erreur. On réduit énormément les portions. On choisit une petite salade, un yaourt, un fruit. Et c’est tout.
Le problème, c’est que le corps manque alors d’énergie. Il réclame naturellement davantage de nourriture. Et plus vous essayez de résister…Plus votre cerveau pense à manger. C’est un mécanisme de survie parfaitement normal.


Vos repas ne sont pas assez rassasiants

Deux repas peuvent contenir le même nombre de calories. Pourtant, ils ne procurent pas du tout la même satiété.

Personnellement, je préfère largement un repas composé de :

  • viande ou poisson ;
  • œufs ;
  • légumes ;
  • produits laitiers.

Plutôt qu’un sandwich accompagné d’un dessert très sucré.
Quand un repas est suffisamment rassasiant, on pense souvent beaucoup moins à la nourriture pendant les heures qui suivent.


Le sucre entretient les envies

Ce n’est pas un hasard si les aliments auxquels on pense le plus sont souvent :

  • chocolat ;
  • biscuits ;
  • bonbons ;
  • viennoiseries ;
  • gâteaux.

Rarement des brocolis ou un filet de poisson. Les produits très sucrés sont particulièrement appétissants. Chez certaines personnes, ils donnent rapidement envie d’en reprendre.
Puis encore. Et encore. Petit à petit, le cerveau associe ces aliments au plaisir. Il finit même par les réclamer régulièrement.


Le stress occupe aussi votre cerveau

Après une journée difficile, beaucoup de personnes pensent spontanément à la nourriture.
Pourquoi ?
Parce qu’elle procure une récompense immédiate. Quelques biscuits, du chocolat, une glace. Pendant quelques minutes, on se sent mieux.
Le problème, c’est que le stress revient souvent… Et l’envie de manger aussi.
La nourriture devient alors une façon de gérer ses émotions.


L’ennui favorise les pensées alimentaires

Faites le test. Quand vous êtes très occupé :

  • au travail ;
  • en randonnée ;
  • en bricolant ;
  • en jardinant ;

Pensez-vous souvent à manger ? Probablement beaucoup moins.
À l’inverse, une soirée entière devant la télévision laisse énormément de place aux pensées. Et bien souvent… Ces pensées finissent dans la cuisine.


Les habitudes jouent un rôle énorme

Notre cerveau adore les automatismes. Tous les jours à 16 heures ? Une collation.
Le soir devant la télévision ? Un paquet de biscuits.
Le café ? Toujours accompagné d’un carré de chocolat.
Au bout de quelques semaines… Le cerveau n’attend même plus la faim. Il réclame simplement ce qu’il a l’habitude d’obtenir.


Plus on pense à ne pas manger… plus on pense à manger

C’est un phénomène étonnant. Essayez de ne surtout pas penser à un éléphant rose. Vous voyez ?
Vous venez d’y penser. Avec la nourriture, c’est souvent pareil.
Quand on se répète toute la journée : « Je ne dois pas manger. » « Je ne dois pas craquer. » « Je ne dois pas toucher aux biscuits. »
Notre cerveau reste focalisé dessus. Et plus on lutte… Plus la nourriture occupe nos pensées.


Les réseaux sociaux n’aident pas

Aujourd’hui, nous sommes entourés d’images de nourriture. Instagram, TikTok, facebook, publicités, émissions de cuisine, applications de livraison.
Notre cerveau reçoit des dizaines de rappels alimentaires chaque jour. Difficile ensuite de ne plus y penser.


Peut-on arrêter de penser à la nourriture ?

Oui. Mais cela ne passe pas forcément par plus de volonté. Cela passe souvent par quelques changements simples.

Mangez de vrais repas

Ne cherchez pas uniquement à manger moins, cherchez surtout à être rassasié.
Un repas complet permet souvent de tenir plusieurs heures sans penser à manger.


Occupez votre esprit

Le cerveau ne peut pas être concentré sur tout. Lorsque vous êtes absorbé par une activité qui vous plaît, les pensées alimentaires diminuent souvent naturellement. Marchez, bricolez, lisez, jardinez, appelez un ami, travaillez sur un projet.
Tout ce qui occupe réellement votre attention est une bonne solution.


Évitez les aliments qui vous obsèdent

Certaines personnes arrivent à manger un carré de chocolat. D’autres mangent la tablette entière. Il n’y a pas de bonne réponse. L’important est de connaître vos propres déclencheurs. Si un aliment vous fait systématiquement perdre le contrôle… Pourquoi le garder dans vos placards ?


Dormez suffisamment

Le manque de sommeil augmente souvent l’appétit (et le taux de sucre dans le sang). On a davantage envie de produits sucrés. On grignote plus facilement. Une bonne nuit est parfois plus efficace qu’un nouveau régime.


Simplifiez votre alimentation

Plus vous passez votre journée à réfléchir :

  • aux calories ;
  • aux recettes ;
  • aux horaires ;
  • aux aliments autorisés ;

Plus votre cerveau reste focalisé sur la nourriture.
Personnellement, je préfère avoir quelques repas simples que je connais bien. Moins de décisions, moins de fatigue mentale et beaucoup moins de pensées alimentaires.


Le jeûne intermittent peut parfois aider

C’est quelque chose que j’ai également remarqué avec mon expérience de l’OMAD. Au début, on pense souvent davantage à la nourriture. Puis, progressivement, certaines personnes constatent l’inverse. Les repas deviennent plus rassasiants, les grignotages disparaissent. Et l’on passe parfois plusieurs heures sans penser à manger. Bien sûr, cette approche ne convient pas à tout le monde. Mais elle montre une chose importante :
e cerveau peut réapprendre à ne plus penser constamment à la nourriture.


Ce qu’il faut retenir

Si vous pensez toute la journée à manger, cela ne signifie pas forcément que vous manquez de volonté.
Votre cerveau réagit souvent à :

  • des repas insuffisamment rassasiants ;
  • des habitudes alimentaires ;
  • du stress ;
  • de l’ennui ;
  • un manque de sommeil ;
  • des aliments très sucrés ;
  • un environnement où la nourriture est omniprésente.

La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de modifier progressivement ces habitudes.


Conclusion

Pendant longtemps, Anna pensait que le problème venait d’elle. En réalité, elle ne manquait pas de volonté. Elle avait simplement construit, sans s’en rendre compte, un quotidien où tout lui rappelait constamment la nourriture. Petit à petit, elle a commencé à faire des repas plus rassasiants. À moins grignoter, à mieux dormir, à s’occuper davantage le soir. Et surtout…
Elle a arrêté de se battre contre elle-même. Aujourd’hui, elle pense encore à la nourriture… Comme tout le monde. Mais elle n’a plus cette impression qu’elle contrôle chacune de ses journées.

Quelques semaines plus tard, Anna s’est rendu compte qu’elle ne pensait plus à la nourriture toute la journée. Non pas parce qu’elle avait plus de volonté… mais parce qu’elle avait enfin compris pourquoi son cerveau lui réclamait sans cesse de manger.

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